L'Addition : Décryptage et Interviews d'Experts du Retail

L’Addition #19 : Mealz : et si les courses disparaissaient sans perdre le plaisir ?

César Tonnoir et Arnaud Trenchant

Et si les courses pouvaient disparaître… sans faire disparaître le plaisir ?
(C’est 𝗟’𝗔𝗗𝗗𝗜𝗧𝗜𝗢𝗡 ☕ : le format où l’on prend un repas avec un expert)

J’ai partagé un déjeuner avec César Tonnoir cofondateur et CEO de Mealz.
Après plusieurs années dans la Tech, il cofonde Mealz avec une idée simple : utiliser la technologie pour faciliter la préparation des repas et les courses.
Son objectif : « L’enjeu, c’est que les gens mangent mieux. »

👉 L’idée reçue du jour : Pour améliorer le commerce alimentaire, il faut simplement rendre les courses plus rapides.

Il s’attaque à la fameuse corvée des courses.
Bon déjà débat… parce que moi, je ne considère pas toutes mes courses comme une corvée.
J’aime choisir mes fruits et légumes.
Regarder les produits frais. Sentir leur parfum.
En revanche… Acheter du papier toilette. Reprendre les mêmes paquets de pâtes.
Là, d’accord.
Et c’est là que la vision de César devient radicale.
Au fond, son ambition est de faire disparaître l’acte même de faire ses courses.
Que ce ne soit plus une tâche dédiée, un moment figé dans la semaine.
Que cela devienne si fluide et intégré à notre quotidien qu’on n’y pense même plus.

1. Partir de l’envie plutôt que du produit
Aujourd’hui, le parcours commence par le produit (je simplifie).
Je cherche des tomates. Des pâtes. Du poulet.
César inverse cette logique : qu’est-ce que j’ai envie de manger ?
La recette devient le point de départ, puis transforme l’idée en panier.
Fait intéressant : ces recettes sont écrites et testées par de vraies personnes.
Car même dans un parcours simplifié, ce qui donne envie reste écrit par un humain

2. Automatiser la corvée, pas l’ envie
Sur cette base de recettes vérifiées, son ambition va plus loin qu’un panier plus rapide à remplir.
Il imagine un agent qui ferait les courses à ma place, sans que j’aie à y penser.
En tenant compte de mes goûts, mes habitudes, mon envie de varier les plats, ou d’un objectif (manger plus sainement, moins salé…).
Le panier ne serait plus construit par moi. Il deviendrait la conséquence de ce que je suis, de mes envies et de mes objectifs.

3. Et le distributeur dans tout ça ?
Si le client automatise ses achats et ne parcourt plus l’offre… perd-on le commerce ?L’idée n’est pas de supprimer la rencontre client/offre, mais de la rendre pertinente.
Le besoin du client d’un côté.
L’offre de l’enseigne et des marques de l’autre.
C’est là que le Retail Media entre en jeu, non pas pour vendre plus, mais pour prolonger la même logique : partir de l’envie, pas du produit.
On ne perd pas le commerce, on perd juste l’exposition inutile, celle qui ne convertissait déjà pas.

Le commerce de demain ne cherchera pas à faire passer plus de temps au client en rayon ou sur un site.
Il cherchera à ce que son temps ait davantage de valeur.
Parce qu’entre : Comment faire ses courses plus vite ? et
Comment aider les gens à mieux manger ? on ne construit pas le même commerce.

Merci César pour cet échange.

Auteur : Arnaud Trenchant

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